En época de rosas – «El sueño de la Primavera» [Primera antología breve de poesía] – XXXIII – Marcelle Breisach

En época de rosas – «El sueño de la Primavera» [Primera antología breve de poesía] – XXXIII – Marcelle Breisach

El sueño de la Primavera – Primera antología breve de poesía – XXXIII

 

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Marc Chagall – L`Ange Bleu [1938 – Lithographie, Collection Particulière]

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Le double désir de l`Âme

 

Alors j’ai fui aux jardins de la nuit,
où les rosiers ne sont pas encore nées
où ils restent cachées
comme coeur de femme
les pommes d»argent de la lune.

J`ai erré sur les sept mers du ciel sombre,
où les flammes d`une voix silencieuse
sont allumées à jamais.
J`ai erré bien sûr,
mais a l’intérieur des ces heures-là,
j`ai ne trouvé pas de l’ombre.

Mais inouï comme jamais
l`amour a laissé sa ancienne trace,
a laissé inscrit son geste inaugural,
son geste
cette blessure
d`où jaillit le désir,
cette blessure
où grandissent la joie,
le chagrin et le désespoir.

Tête baissée
le regard vers la fôret d`étoiles
le regard vers le feu lontain
ma vulnérabilité intime réveillée,
j`ai été blessée.

Mon âme est proche du haut.
Son désir cherche quoi
à la croiseé des chemins.

Inouï comme jamais
l`amour a laissé sa trace,
et mon coeur s`ouvre à son énigme
et à ma défaite.

A ce moment-là,
l`âme hésite, cependant.
Est-elle parvenue à trouver sa propre place?
Qui-est tu, qui m`appelle?
Qui-est tu, qui me réclame?

Par un second coup d`oeil
jeté sur l`abîme,
elle regarde à nouveau
pousée par l`envie du loin.

L`âme
semble avoir trouvé finalement
une forme ardent,
et se perd en elle.
Elle s`en est réjouie,
et entre en elle.

Mais c`est ainsi que commence
la descente.

Aspirant à être avec elle-même
au miroir de l`autre,
s`accroche rêveuse à l`illusion
d`enfanter la lumière de la beauté,
de donner au monde sa propre lumière,
la lumière du monde.

Un nouveau désir en nâit,
une puissance agitée
qui la fait vouloir rejoindre un corps.
Elle a hâte de donner et produire,
et ressent la douleur d`engendrer.

L`âme s`éparpille
poussé à nouveau par un désir
qui la rend insatisfaite,
inquiète,
toujours dans le manque
de ce qu`elle désire.

L’intériorité devient extériorité,
et le temps coule.
Elle aspire aussi à devenir
autre que ce qu`elle est,
tentant d`oublier sa vieille nature.

Elle apprend alors
que la présence se revête de absence,
comme une rose promise,
comme un baiser retardé.

Pourquoi la présence reste caché
dans la pénombre de l`absence?

Je le sens s’éloigner de plus en plus,
le don de sa lumière.

Et pourtant,
nous sommes faits de ce feu,
de cette puissance primordiale,
que la présence occulte d`une certaine manière,
et que l`oubli exténue presque,
mais dont il reste en nous sa trace.

 

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Marcelle Breisach

 

 

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